Sortie myrmécologique dans les Vosges
2009
Par
Philippe Wegnez
Depuis quelques années, j’ai pris pour (bonne) habitude d’effectuer un séjour dans les Vosges, dans le courant du mois de mai, pour fureter un peu partout à la recherche de nos amies les fourmis.
Cette année, David et Stéphane, de l’équipe Walbru (inventaire fourmis en Belgique) ainsi que Valérie (invitée) m’ont accompagné dans ce périple.
Le rendez-vous, pour le départ, était fixé, jeudi, à mon domicile. David et Stéphane ont passé la nuit à la maison tandis que Valérie nous rejoignait, le vendredi matin, à 5h30, pour le départ. Après avoir chargé le véhicule et attendu, quelques minutes, que la gente féminine arrive enfin, nous avons pris le chemin de Gérardmer.
Quatre
jours de « vacances » nous attendaient, le
soleil aussi. Ouf !!
A notre arrivée, vers 10h15, Jean-Christophe Rague, avec qui nous avions rendez-vous, nous a fait découvrir le Conservatoire des Sites Lorrains, tout en nous offrant le café et l’eau.
Après une courte pose et nos achats pour le dîner (déjeuner en France) nous nous sommes rendu sur une tourbière acidiphile, en prenant au passage, Claudine Demoulin, la conservatrice du site.
La tourbière abrite une belle colonie de F.truncorum. Nous y avons vus plusieurs dômes. Il y avait également des dômes de F.lugubris et nous avons trouvés quelques autres espèces comme M.scabrinodis, C.herculeanus, L.acervorum, etc. Mais la plus grosse « surprise », pour le biotope, fut la découverte de Tapinoma sp sur et dans la sphaigne. En plus des ouvrières qui courraient joyeusement sur le substrat, j’ai trouvé tout un nid (œufs, larves et ouvrières) dans la sphaigne. Jusqu’à présent j’avais toujours trouvé cette espèce (Belgique et France) dans des milieux secs et très thermophiles.

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| Formica truncorum (clic pour agrandir) | Formica truncorum (clic pour agrandir) | Reine de Formica truncorum (clic pour agrandir) |

Il était déjà 14h30 quand la conservatrice nous a invité chez elle afin que nous puissions, enfin, dîner. Le paysage était vraiment superbe, tout comme l’accueil.
Nous avons pris congé de notre hôtesse afin de rejoindre Louis-Michel Nageleisen (Ministère de l’agriculture et la pêche – Département de la Santé des Forêts) qui voulait nous montrer quelques gros dômes de F.polyctena. Nous avons également abordé la problématique de la protection des fourmis rousses des bois, en France.

Dôme géant de Formica polyctena
L’heure tourne très vite, il est déjà 18h40. Nous déposons Jean-Christophe sur son lieu de travail en nous nous donnons rendez-vous, le lendemain à 9h, au gîte où nous logeons.
Nous
sommes arrivés au gîte vers 19h et nous n’insisterons
pas sur l’accueil que nous avons reçu. Juste le temps de
prendre une douche avant d’aller souper (dîner en
France). La soirée se prolonge à table et nous prenons
congé de nos hôtes pour aller, enfin, dormir. Il est
23h00 quand nous plongeons dans les bras de Morphée.
Samedi 8h. Tout le monde se lève. Je vais frapper délicatement sur la porte de Valérie afin qu’elle puisse se lever et être prête pour le déjeuner (petit déjeuner en France). Un tout petit Ouiii, se fait entendre.
8h30, nous sommes à table et Jean-Christophe arrive vers 9h.
Dans notre empressement, nous oublions de faire nos courses pour dîner, ce ne sera pas sans conséquence !

Crête de Plainfaing, avec la neige en arrière plan. Valérie, David et Moi. Tous au vent.
On ne s’attarde pas trop sur la crête et on prend rapidement la direction d’une tourbière. Jean-Christophe nous quitte vers 11h, je crois et vers midi nos ventres crient famine. Rien à manger aux alentours mais Jean-Christophe nous avait renseignés une baraque à pain à quelques kilomètres. Effectivement, nous trouvons une « roulotte » où nous achetons un bon pain, du fromage de chèvre, deux saucisses (aie !aie ! aie !) et un litre de jus de pomme. La saucisse cuite, sèche et fumée une vraie mer…, je ne vous dit que ça. Elle a fini sa vie dans l’estomac des paons et des poules chez notre hôte. Après cet excellent repas, nous prospectons la zone autour de la baraque à pain et nous trouvons beaucoup de nids de Tetramorium sp, des C.herculeanus, des F.sanguinea quelques Myrmica et Lasius. C’est le soir que nos hôtes nous apprennent que nous étions en Alsace sur le département du Haut-Rhin. La baraque a une terrible réputation et est connue de tout le monde sauf des touristes d’un jour. Vous voilà prévenus.



Une rivière bleue
Retour au gîte, à 19h, où nous attend Valérie. Pour le souper, des pâtes alsaciennes, sans trous, et du poulet en morceaux. Je ne vous dit que ça ! Le dessert arrive, ah ! Un cake avec une crème anglaise, hum ! Arrêtez de vous lécher les babines, la crème était pleine de grumeaux et le cake n’était même pas sucré. Valérie, la coquine, a refilé discrètement son cake à Stéphane qui n’a compris que trop tard et moi je l’ai remis, encore plus discrètement, dans le plat. Par contre, la crème on n’a pas eu le choix, il a bien fallu l’avaler.
22h30, extinction des feux.

Allez ! Venez chercher la bonne saucisse cuite, fumée et sèche
Dimanche 8h00.
Même petit ouiiii. Déjeuner et départ sur le terrain. Cette fois-ci on n’a pas oublié d’acheter notre casse-croûte.
Nous nous dirigeons vers les crêtes et les tourbières. Dans une première tourbière, très malmenée par les aménagements touristiques (station de ski), où nous ne trouvons pas grand-chose, nous rencontrons, Stéphane et moi, un groupe de touristes et leur guide nature. Après une brève discussion sur notre activité, il nous conseille d’aller sur une autre tourbière. Nous retrouvons David et Valérie, qui avaient prospecté une autre zone, à la camionnette et nous repartons vers notre nouvelle destination.



Nous sommes arrivé à la chambre vers 21h pour enfin prendre une bonne douche.
Lundi 8h00. Ouiii ! On prend vite des habitudes.
Bagages et ensuite déjeuner. L’addition pour le séjour qui n’était pas vraiment celle que l’on attendait. Enfin. Le café du soir, proposé par l’hôtesse, compté à un euro la tasse. Et la répartition des chambres, faite au plus cher ! Encore une mauvaise surprise.
Nous prenons rapidement congé de l’hôtesse qui fulmine toujours parce que j’ai eu le culot de réclamer ma monnaie ; un euro.
Nous décidons de prospecter les berges de la Moselle tout en prenant le chemin du retour.
Au bout de pauvres recherches sur deux points nous trouvons une zone plus intéressante et rencontrons une naturaliste (botaniste) qui effectue des relevés. Echange d’adresses mails, capture de fourmis (F.cinerea ou F.fuscocinerea), observations d’un brocard, d’un renard et d’une grosse colonie d’hirondelles de rivage.

Bras mort le long de la Moselle

Nous arrivons chez Monsieur Plateaux au moment où il relève sa boîte aux lettres. Après un échange de fourmis et de documents, il nous emmène dans son antre (labo au sous-sol) afin de nous montrer quelques espèces de Temnothorax au binoculaire. Trente minutes plus tard, nous récupérons Valérie qui bronzait dans le jardin et nous reprenons la route vers la Belgique.
18h45, enfin nous arrivons à la maison. Valérie prend le temps de boire un café et rentre chez elle tandis que Stéphane et David prolongent un peu leurs séjours en mangeant quelques pâtes (pas des Alsaciennes) avec nous.
C’était vraiment un chouette séjour avec des rencontres (humaines) superbes. Le soleil était au rendez vous, ce qui n’était pas toujours le cas. Être plusieurs pour prospecter c’est bien plus sympa et intéressant. On découvre plus de choses et c’est plus facile et plus rapide pour chercher et trouver son chemin.
Un grand merci à tous ceux et celles qui ont participés à cette rencontre et à cette réussite.
J’espère que vous profiterez bien des photos. Ces dernières sont de notre photographe, Stéphane.


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| Pendant que certains se reposent... | ... d'autres cherchent |
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| Une fourmi qui a de la suite dans les idées. Je l'aurai ! je l'aurai ! S'exclame la fourmi. Voilà ce qui s'appelle m'enlever la nourriture de la bouche, se dit la plante carnivore. |

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| Stéphane à l'affût. Philippe, au pas de course, passe le ruisseau en un temps. Il n'était pas temps que je rate mon coup sinon, à la sortie de l'eau, on m'aurait surnommé Schtroumpf gaffeur ou bêta. Qui a dit que chercher des fourmis était sans risque et monotone ? |